Les belles dépenses de notre lieutenante-gouverneure

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Les révélations récentes sur les dépenses de la lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, sont troublantes. Elle dépense de plus en plus avec les années et, ce qui est le plus sidérant, elle n’a aucun compte à rendre à personne sur l’utilisation de cet argent. En fait, c’est la seule “salariée de l’état” qui n’a pas à rendre de compte sur ses dépenses qui croissent de façon presqu’exponentielle. Cependant, l’affaire commence sérieusement à éveiller l’attention des fonctionnaires et des parlementaires.

Voilà une autre raison pour dire comment je respecte la monarchie et ses fonctions décoratives… (Mon ton est cynique, si ce n’est pas clair!). J’ai vu l’année passée un film et un autre documentaire produit par des gens du Québec sur Marie-Antoinette, une autre figure décorative de l’histoire, dont les folles dépenses ont jadis mis littéralement en péril la santé financière de la France. On nous racontait ses excès, puis son triste destin. Je pense que Mme Thibault devrait bien voir ces films, si elle ne l’a pas encore fait. Peut-être qu’elle pourrait faire des liens. Qui sait, Marie-Antoinette est peut-être déjà son modèle?

Au contraire, même la gouverneure générale du Canada doit rendre compte de ses dépenses qui sont publiques…

Voici ce que les experts en administration analysent à propos du comportement de Mme Thibault:

Lise Thibault
Les experts renversés
Mathieu Boivin
Le Journal de Montréal
09/02/2007 07h41

Les experts n’en reviennent pas que Mme Thibault fasse ce qu’elle veut avec les fonds publics sans rendre de comptes à personne.

Politologue à l’université de Sherbrooke, Jean Herman Guay avoue qu’il est «très surpris et même renversé» par les révélations du Journal sur Mme Thibault.

«Sa conduite devrait être irréprochable, mais aucun fonctionnaire public ou représentant du secteur privé ne pourrait soumettre des dépenses comme celles-là, et encore moins refuser de fournir des explications comme elle le fait», assure-t-il.

M. Guay trouve inexplicable que Mme Thibault n’ait aucun compte à rendre, «alors que c’est ça qui assure une certaine qualité dans la gestion des fonds publics», souligne-t-il.

Chercheur à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), Christian Dufour trouve quant à lui que Mme Thibault agit comme si elle était intouchable. «Ce n’est pas la reine d’Angleterre, quand même!»

Indigne de sa fonction

M. Dufour ne comprend pas lui non plus que personne ne se préoccupe de l’utilisation que fait Mme Thibault des fonds publics qui lui sont confiés.

«Elle dépense avec un laxisme indigne de sa fonction, estime-t-il. Elle est là pour incarner des valeurs élevées, c’est sa seule job d’ailleurs, mais il y a un abus évident.»

En fait, Luc Bernier, spécialiste en administration publique à l’ÉNAP, analyse que Lise Thibault est atteinte du syndrome dont sont victimes les gens qui passent trop de temps au pouvoir.

«Au début ils font attention, mais à un moment donné, ils en viennent à se dire : avec tout ce que je fais, ils peuvent bien me payer ça», croit-il.

Selon M. Bernier, Patrimoine Canada est aussi à blâmer. «Dans tous les systèmes du monde, n’importe qui teste la limite, et toutes sortes de niaiseries peuvent arriver si tu n’es pas capable de dire non dès le départ», dit-il.

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