Lavez, Lavez

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Témoignage très intéressant sur l’hygiène des hôpitaux lu sur le blogue de Martineau. Je le publie en entier:

Cette semaine, dans mon blogue, j’ai écrit un court texte sur ce qui est arrivé à l’hôpital Honoré-Mercier, à Saint-Hyacinthe.

Je disais que c’est ironique qu’on investisse des millions de dollars dans la construction d’un mégahôpital, alors qu’on n’arrive même pas à laver les murs des hôpitaux existants!

«Ça prendrait quoi pour que les murs de nos hôpitaux soient propres? demandais-je. Faudra-t-il organiser une corvée de nettoyage comme sur le mont Royal?»

L’hygiène? On s’en fout!

Ce texte m’a valu plusieurs courriels intéressants. Sébastien Houle a travaillé cinq ans dans un hôpital de Montréal pour payer ses études. Son témoignage vaut la peine que je le publie intégralement.

«Lorsque je travaillais à l’entretien, mon souci premier était l’hygiène des patients, surtout ceux qui étaient aux soins intensifs, car leur système immunitaire était au plus bas», m’a-t-il écrit. “Parce que j’étais appliqué, je représentais une menace pour mes collègues qui, sauf quelques exceptions, se foutaient complètement du bien-être du patient.

“J’ai dû nettoyer une chambre d’isolation C. difficile au grand complet à la fin de mon quart de travail, même si cette chambre ne faisait pas partie de ma section. Raison: un collègue avait préféré aller se coucher dans une salle de visite pendant TOUTE LA JOURNÉE!

«Ça, c’est sans compter les poubelles laissées pleines, les toilettes non récurées et les médecins résidents qui se promenaient de chambre en chambre en sandales, sans JAMAIS respecter les consignes d’isolement!»

Vive le privé

Sébastien Houle continue: “Je voulais déposer une plainte contre ces collègues paresseux, mais c’était peine perdue, car la coordonnatrice de l’étage s’était complètement résignée devant la machine syndicale et la convention collective qui protègent ces lâches…

“Monsieur Martineau, on a érigé le nivellement vers le bas en système, jusqu’à en causer la mort. Ils sont des milliers dans le système de santé à réclamer leur aide sociale de luxe, en se foutant littéralement de l’impact de leur insouciance crasse. Et les bons éléments? Ils sont de plus en plus nombreux à quitter pour de bon le système, nous laissant avec ces loques qui ne mériteraient même pas l’aide sociale…

“Seule l’arrivée du privé pourra botter le cul de ces traînesavates, qui verront alors leur sécurité d’emploi, leurs vacances payées, leur régime d’assurance collective extrêmement généreux, leur régime de pension indexé et, surtout, leur droit de lâcheté menacés.

«Qu’on arrête de nous dire qu’un changement dans le contexte unique actuel est possible. L’abcès a éclaté, il faut maintenant amputer.»

«La faute au système»

Méchant témoignage, non? Pendant ce temps, tout le monde se lance la balle. Les administrateurs, les syndicats, le ministre, personne n’est responsable de rien. C’est – comme toujours – «la faute au système».

Heureusement qu’on l’a, le système, sinon, qui blâmeraiton?

«J’ai accompagné plusieurs fois des proches dans de différents hôpitaux et j’ai eu le temps d’observer, à différentes heures de la journée, la nonchalance généralisée du personnel», m’a écrit Richard Létourneau.

«Je suis convaincu qu’ils reçoivent une formation »lenteur 101″, car il est humainement impossible de travailler à ce rythme sans préparation!

«Je suis convaincu qu’il y a des employés qui performent, mais ils doivent subir l’ostracisme de leurs confrères…» À quand un grand ménage dans le système?

One Response to Lavez, Lavez

  1. Suzanne Lavoie says:

    J’y suis pour la faute au système. Mais il y a autre chose également à blâmer: l’irresponsabilité, le manque du sens du devoir, l’inconscience et l’indolence des individus…Quand on est en devoir, c’est inconcevable de passer la journée à ”dormir dans une chambre de visite”.

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