L’autre monde d’André Boisclair

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Le chef André Boisclair a la mine basse ces jours-ci.

J’écoutais ce matin l’entrevue qu’a donnée le chef péquiste, André Boisclair, à l’émission de radio de Christiane Charette. La page de l’entrevue est ici et vous pouvez écouter l’entretien ici. Je suis sidéré par l’optimisme de Boisclair qui s’accroche dans la tempête et la crise qui secoue le parti québécois. La cote du parti baisse dans les sondages. Le chef est toujours dans la tourmente et les militants critiquent Boisclair de toutes parts. L’ancien chef Landry ne se prive pas de critiquer Boisclair et les recrues potentielles comme Louise Beaudouin fuient le parti. Les observateurs partisans, tel l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu dans sa lettre aux quotidiens d’hier, n’y vont pas de main morte en critiquant l’absence d’idées et la passivité de leur chef. Bref, ça sent le roussi.

Boisclair parle dans l’entrevue comme si tout était normal. Le navire est en train de couler et je m’imagine André Boisclair derrière le micro avec son plus beau sourire et toutes ses dents qui se complait dans son rôle de chef de l’opposition perdant. Il admet que ces jours-ci sont un coup très dur. Cependant, il dit qu’il a du ressort et qu’il compte rebondir. On dirait qu’il s’obstine à ne pas voir la réalité en face: les membres du parti déchantent de leur chef.

Christiane Charette lui a demandé ce qu’il ferait s’il se rendait compte qu’il nuisait à son parti, aurait-il la décence de partir? Boisclair a patiné en affirmant qu’il travaille fort et qu’il a hâte que les gens s’assoient autour d’une table pour discuter. Quoi, depuis 18 mois, il n’a pas pu s’asseoir autour de la table pour discuter des enjeux de son parti? Le problème est que Boisclair a eu amplement la chance de discuter avec ses troupes, mais que plusieurs s’éloignent de lui. L’opportunité que Boisclair a eue depuis des mois est en train de s’effriter dangereusement.

Charette a fait une comparaison avec Dumont qui a un style plus direct et moins détourné. Boisclair, agacé, a réagi avec virulence aux propos de Dumont. Il accuse le chef de l’ADQ de changer d’idées et de se contredire de nombreuses fois.

Sans jouer au psychanalyste, derrière son arrogance et sa suffisance, je crois que Boisclair souffre d’une basse estime de lui-même et sait fort probablement fond qu’il donne l’impression d’être une coquille vide. En fait, il manque l’agressivité d’un chef qui ose affirmer ses opinions. “Je peux faire mieux”, qu’il a dit a Charette. Il parle constamment au futur. Hier, Boisclair a fait son mea-culpa. Je vais faire ceci, je vais faire celà de manière générale, mais il y a peu de viande concrète sur la table. Ainsi, il a dit hier:

« J’entends bien le message. Je peux faire mieux. Je vais mettre mes culottes, a plaidé le chef de l’opposition officielle. De voir une assemblée comme ça, ça me donne de l’énergie. »

J’ai bien peur pour lui qu’il ne soit trop tard. Il va passer des mauvais quarts d’heure en fin de semaine en assemblée avec les membres de son parti. Vous connaissez le dicton “Gros parleur, petit faiseur”. Autrement dit, l’important sont les actions et non pas les paroles en l’air. Que reste-t-il de Boisclair si même son discours ne semble plus attirant?

One Response to L’autre monde d’André Boisclair

  1. Gerald DeWolf Shaw says:

    Boisclair au poteau!
    C’est Landry – un chef pour l’independence nationale.
    Si non, c’est clair — boisclair – comme les forets — du Canada.

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