La ville de Québec et le gaspillage du secteur public

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Un article très intéressant de Richard Martineau sur l’énigme politique de la vieille capitale. Pourquoi les gens de Québec sont-ils plus sensible au “dégraissage” de l’État comme le prône Mario Dumont? Il est allé aux sources dans la vieille ville et les réponses des gens de Québec sont éclairantes. Il illustre la différence entre les employés de l’État qui se la coule douce et les gens du privé qui rament comme des bons. Les gens ont le gaspillage des fonds publics dans la face, alors ils sont plus sensibles à cette réalité que les gens de Montréal.

J’ajouterai pour ma part que tout cela est malheureusement bien logique et les Charest et Dumont de ce monde auront un gros travail d’amincissement de l’État sur la planche, sinon un jour tout va “péter”. Ce gaspillage est équivalent aux dépenses militaires éhontées d’Ottawa pour de l’équipement qui ne sert pas à grand chose et pour lesquelles le gouvernement canadien se sert dans l’argent gagné par les citoyens canadiens. En effet, j’ai déjà travaillé à Ottawa où j’ai constaté cette triste réalité.

Un extrait du texte de Martineau:

… Selon eux, c’est simple : si les résidents de Québec se montrent si sensibles au discours de Mario Dumont, c’est que l’État, pour eux, n’est pas une présence abstraite et théorique, mais une réalité qu’ils côtoient quotidiennement.

« Nous, le gaspillage, on l’a dans la face à longueur de jour, de dire Joanne Marcotte. Beaucoup de résidents de Québec travaillent dans la fonction publique. Les dépenses inutiles, le temps perdu, le manque de productivité, la gestion irresponsable des fonds publics, le copinage, les renvois d’ascenseurs, tout ça fait partie de leur paysage quotidien. Ils ne font pas seulement qu’en entendre vaguement parler : ils le voient! Veux, veux pas, vient un moment où ça te tombe sur le coeur… »

« Et à Québec, il existe une grande dichotomie entre les travailleurs du privé et ceux du secteur public, renchérit Denis Julien. Nous avons tous un beau-frère qui travaille pour l’État et qui a un fonds de pension confortable et d’excellentes conditions de travail, alors que dans le privé, tu rames comme un fou. Tu as de la misère à mettre de l’argent de côté pour tes REER alors que les privilégiés du système profitent de leur retraite dorée (qu’ils se sont payée à même tes taxes et tes impôts) pour faire de la marche rapide sur les Plaines et aller au cinéma l’après-midi. Tout ça finit par créer un sentiment de frustration et d’injustice… »

Une ville à deux têtes

David Desjardins, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Voir Québec, abonde.

« Québec est une ville schyzophrène, explique-t-il. D’un côté, tu as les fonctionnaires qui se la coulent douce et qui nagent le vent dans le dos, et de l’autre, les travailleurs du privé qui tirent le diable par la queue. Ce fossé est inscrit dans la géographie même de la ville : il y a la Haute-Ville, pour les notables, et la Basse-Ville, pour le peuple… »

Pourtant, n’était-ce pas l’une des promesses de Charest, éliminer le gaspillage et gérer les fonds publics de façon responsable?

« Oui, mais il ne l’a pas fait, répond Denis Julien. Monsieur Charest aurait pu repenser le système au grand complet, mais il s’est contenté de le gérer. Beaucoup d’électeurs trouvent qu’il manque de courage et qu’il a dilapidé sa crédibilité en menant des combats inutiles, comme ceux du Suroît et du Mont Orford… »

Bref, si les gens de Québec flirtent avec Mario, c’est qu’ils sont déçus de Jean Charest et qu’ils associent le PQ à un État obèse, lourd et coûteux.

2 Responses to La ville de Québec et le gaspillage du secteur public

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