La colère de l’épicerie

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Je peux compter sur les doigts de ma main les fois où j’ai fait une colère en public. Aujourd’hui, je peux dire que j’en ai faite une à l’épicerie. Pas la colère du Temple, mais presque.

Je prends une marche pour aller au Provigo du coin, sur Henri-Bourassa si vous connaissez l’endroit, pour acheter des sacs le lait. La journée est magnifique, le ciel est bleu, le Soleil est tout aussi radieux. J’arrive à la caisse “Expresse” et y dépose mon unique sac de lait derrière un client qui attend de se faire servir. La caissière qui semble débordée vend aussi des billets de Loto-Québec à une petite madame aux cheveux noirs. Elle pitonne sur la machine de Loto-Québec pour faire sortir les billets de Loto. Je ne sais pas quel type de billets, des gratteux ou des 6/49, peu m’importe. Ce que je sais c’est qu’elle en fabriquait un bon lot: la sacrée production des billets de Loto.

La caissière sort les billets de Loto-Québec de sa machine et va les passer sous un lecteur optique, j’imagine pour les valider, mais je n’en sais rien. Elle retourne pitonner sur sa machine puis elle finit par remettre les billets à la cliente.

Pendant ce temps, les clients qui veulent acheter leur pain sont en train de poireauter à la caisse “Expresse”, moi en tête de file. Le manège dure cinq minutes. Je commence à montrer des signes d’impatience par mon langage corporel en hochant la tête. Je dépose mon sac de plastique sur mes sacs de lait en parlant à un père de famille et son fils derrière moi. Lui aussi n’avait qu’une idée en tête, aboutir et acheter sa NOURRITURE.

Un autre client se pointe pour commander des billets de LOTO. La caissière se penche vers lui. Cette fois, la goutte déborde du vase. Je suis un type très patient, mais là j’ai le goût de sortir ma frustration haut et fort. Je me retourne vers les autres caissières, les types qui s’occupent de l’emballage, les autres clients dans les rangées puis je crie sans limiter le volume de mes poumons:

“Écoutez donc, est-ce qu’on est dans une épicerie ici ou dans un maison de jeu? Ça fait cinq minutes que j’attends pour acheter du lait, du manger, pas des maudits billets de Loto-Québec.”

Une caissière me répond un peu embarrassée: “Excusez-nous monsieur, on manque de personnes au service”. Tous les yeux des gens étaient fixés vers moi. Je devais donner un bon show.

“Après, on se demande pourquoi ça ne tourne pas rond dans notre société! Je vous le dis, je reviendrai plus ici, c’est clair?”

La caissière m’a fait payer en vitesse et puis je suis sorti avec mes sacs de lait dans cette magnifique journée.

Bon j’ai un peu exagéré, parce que je suis sûr que je vais revenir au Provigo sur Henri-Bourassa la semaine prochaine. Mais maudit que ça fait du bien de se vider le coeur! Et puis, je compte bien que ma petite sortie va remuer les gens au service un tant soit peu. Mon seul regret, j’aurais pu demander à parler à un gérant sur le champ pour que le message se rende bien.

Le principe de l’amélioration continue, il faut bien que les gens y travaillent…

J’ai mon lait pour ma fille et il y a quelques nonos qui viennent de gaspiller quelques piastres dans l’espoir de gagner quelque chose. Puis, somme toute, je me dis que je suis bien chanceux, même s’ils m’ont fait perdre un peu de mon temps…

5 Responses to La colère de l’épicerie

  1. antonine paquin says:

    Bravo pour ta mise au point, mais ce que tu ignores peut-être c’est que le gros lot du 6/49 est de 40 quelques millions. Résultat: affluence des mordus et des autres qui se laissent aller à rêver. Il parait que c’est PARTOUT la même chose aujourd’hui !

    Belle journée à toi et tes compagnes !!!

  2. Langevin, Gilles says:

    bELLE SCÈNE DE NOTRE TEMPS ET DE NOTRE SOCIÉTÉ CONTÉE AVEC HUMOUR.
    LA BATAILLE DE LA LOTERIE ET DU LAIT; IL FAUDRAIT VOIR CE QUE fALARDEAU EN PENSE.
    QUE DE BATAILLES IL AURAIT GAGNÉES – en plus de celle des Plaines -AVEC LES 48 MILLIONS DE LA LOTO! La grande gagnante ici, c’est Myriam.

  3. Lavoie Suzanne says:

    Celà fait du bien de s’affirmer haut et fort pour de bonnes causes. Sur ce point tu ressembles à ta mère… On tolère, on ”s’accommode”, jusqu’à une certaine limite. A un moment donné, ça éclate!

  4. sevestre says:

    et alors vous vous trouvez intelligent d’aller stresser une personne qui travaille, honteux de perdre son
    sang froid. Pourquoi ne travaillez vous pas un mois à la place de cette personne. Peut être comprenderiez vous mieux les autres.
    M SEVESTRE

    • J-P says:

      Je n’ai rien contre cette personne et il aurait fallu parler aux propriétaires du commerce qui sont les responsables de la faille du système. Mais que voulez-vous malheureusement les gens qui travaillent avec le public sont sur le front et souvent témoins des problèmes. Les patrons ou propriétaires s’en lavent les mains la plupart du temps. Ma colère était dirigée contre le commerce et je l’ai exprimé dans la file d’attente. Il aurait été mieux en effet de discuter avec les patrons après l’évènement, mais j’avais déjà perdu assez de temps comme ça.

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