Débat des chefs, or: Mario, argent: Boisclair, bronze: Charest

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Voici mon opinion, à chaud, au sujet du débat des chefs. Boisclair a surpris en maitrisant bien ses dossiers. Il a attaqué Charest et Dumont efficacement. Charest était calme et en fait semblait un peu terne. Mario Dumont était en feu et a servi la médecine utilisée en 2003 par Charest avec des documents sortis à la dernière minute sur la tragédie du viaduc de la Concorde. Ces documents montrent clairement que le gouvernement savait en 2005 qu’il y avait de sérieux problèmes de structure du viaduc. Une recommandation de travaux correctifs avait même été envisagée et proposée. Le document est ici.

Il n’y a pas eu selon moi de vainqueur clair au débat. L’affrontement a été relevé et n’a pas été vide. Tous les chefs ont bien discuté de leurs points respectifs.

Un premier sondage CROP indique que les auditeurs ont préféré Mario Dumont.

Maintenant dans l’analyse des médias, en particulier sur Cyberpresse, il semble que Mario a eu l’or, Boisclair l’argent et Charest le bronze. L’analyse de Jean Lapierre est que Mario a bien su passer ses messages en s’adressant directement à la population. Charest, lui, semblait “éteint” et ne vivait pas sa meilleure soirée. Vincent Marissal dit qu’il utilisera le titre suivant dans sa chronique d’aujourd’hui, “Dumont en feu, Charest éteint” qui s’est fait mettre en boite par les attaques de Dumont. Quant à Michel David du Devoir, il nomme André Boisclair le grand vainqueur du débat dans sa chronique.

Voici, par exemple, la chronique de Michel C. Auger qui a aussi commenté le débat en direct sur son blogue:

L’or à Dumont, l’argent à Boisclair

Il n’y a que deux marches sur le podium de ce débat. La médaille d’or va à Mario Dumont qui fut, malgré quelques difficultés, le plus efficace autant pour expliquer ses positions que pour attaquer ses adversaires. L’argent va à André Boisclair, qui a fait mieux que prévu et qui a obtenu sa deuxième chance de faire une première impression.

Mais il est impossible de donner une médaille, même de bronze pour la troisième place, à un Jean Charest qui est apparu fatigué après avoir passé la soirée sur défensive et sans jamais trouver les mots qu’il fallait pour défendre efficacement le bilan de son gouvernement.

On dira que c’est un coup fourré ou un lapin sorti d’un chapeau, mais il reste que le temps fort de ce débat restera ce document que Mario Dumont a révélé sur l’état du viaduc de la Concorde, où cinq personnes ont perdu la vie le printemps dernier.

Une note de fonctionnaires affirmant que le viaduc était mal entretenu et datée de 2004, donc quand Jean Charest était au pouvoir. Il faudra que M. Dumont explique pourquoi il a décidé de la garder pour un débat partisan. Mais il reste que l’incident a complètement désarçonné le premier ministre Charest pour le reste du débat.

Exactement comme, quatre ans plus tôt, M. Charest s’était servi d’une déclaration jusque là inconnue de Jacques Parizeau pour envoyer Bernard Landry au tapis. Il aura beau dire qu’il s’agit d’une attaque irresponsable, il reste qu’il a goûté à sa propre médecine.

Tout au long de la soirée, M. Dumont aura aussi été le plus efficace en s’adressant directement aux électeurs et en restant, pour l’essentiel, sur son propre message et sur son terrain. Même si le chef de l’ADQ a dû essuyer des attaques bien senties sur le fait qu’il n’a pas de véritable équipe et que plusieurs de ses propositions sont mal ficelées, de l’abolition des commissions scolaires aux allocations pour les enfants qui ne sont pas en garderie.

Cela serait un gros problème si M. Dumont était un candidat sérieux au poste de Premier ministre. Mais dans les faits, tout le monde comprend qu’il canalise d’abord et avant tout un vote de protestation et, en ce sens, il n’aura pas tellement été ébranlé, hier soir, par les critiques de ses adversaires.

André Boisclair n’avait pas eu beaucoup d’impact depuis le début de la campagne. Mais, hier soir, il a marqué des points. En attaquant la compétence de Jean Charest d’un côté et la faiblesse de l’équipe et de la plateforme de Mario Dumont de l’autre, il pourrait avoir convaincu certains électeurs traditionnellement péquistes de revenir à la maison.

En fait, les attentes envers le chef du PQ étaient si basses que le seul fait de le voir tenir son bout et débattre d’égal à égal avec ses deux adversaires devrait redonner de l’énergie à ses partisans pour le reste de la campagne.

Jean Charest a eu une mauvaise soirée, il n’y a pas d’autres mots pour décrire sa performance. Il a été forcé de jouer en défensive, démontrant une fois de plus que ce n’est vraiment pas sa force.

Mais ses deux adversaires ont trouvé un angle d’attaque qui fait mal en disant qu’il ne «mérite pas une seconde chance» à cause de ses promesses non-tenues, surtout en santé.

C’est la question qui risque de faire image au cours des derniers jours de campagne. Toute élection est un peu un référendum et si le PQ et l’ADQ réussissent à imposer la question : «Est-ce que Jean Charest mérite une deuxième chance?», celui-ci pourrait avoir des surprises le 26 mars au soir.

Mais ce débat ne passera pas à l’histoire. Il n’est qu’une étape d’une campagne électorale relativement terne et qui franchira, lundi prochain, lors du budget fédéral, une étape qui devrait être bien plus déterminante pour l’issue du scrutin.

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