Monthly Archives: November 2006

La compagnie Sympatico Bell “SUCKS”!

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Dans le passé, j’ai eu beaucoup de problèmes avec la compagnie Sympatico qui est le fournisseur internet de Bell. À l’époque, ils m’avaient vendu un service internet haute vitesse. Ce qu’ils avaient oublié de dire, c’est que ma maison était trop loin de leur serveur central pour que ma connexion fonctionne normalement et à une vitesse raisonnable. Je l’ai appris à mes dépens après plusieurs visites de techniciens qui ne réussissaient pas à résoudre le problème. Ma connexion internet allait au cinquième de la vitesse où elle était sensée aller et, bien sûr, ils s’entêtaient à me charger le plein prix d’une connexion haute vitesse… Alors, j’en ai eu assez de leur service de vente hypocrite et de leur soutien technique minable. Je suis allé voir la compétition Videotron. Depuis, mon service internet fonctionne à merveille et vraiment en haute vitesse.

Comme il fallait s’y attendre, je ne suis pas le seul qui a eu des problèmes avec Sympatico. Ma bonne mère est une de leur cliente. Son service internet n’est pas fameux et assez lent, puisque sa maison est aussi un peu trop loin de leur centrale. Tout comme moi, elle s’est fait vendre sous fausse représentation le service haute vitesse de Sympatico alors qu’ils ne peuvent pas techniquement lui offrir dans sa localité. Leur hypocrisie est une autre fois au rendez-vous.

Par contre, tout fonctionnait de manière potable jusqu’à il y a quelques semaines. Puis, tout arrêta. Le support technique lui dit que son modem était trop vieux et défectueux. L’explication est assez boiteuse, mais enfin. Ils lui ont dit qu’ils allaient lui envoyer un autre modem par la poste. Quelques jours plus tard, n’ayant rien reçu, elle rappelle Sympatico. Ils avaient oublié de le lui envoyer!! Elle passe encore deux heures au téléphone pour se plaindre et pour expliquer son cas, puis ils lui disent qu’ils étaient désolés et qu’ils allaient lui envoyer sans faute le modem. Quelques jours plus tard, l’histoire se répète, Ils n’avaient toujours pas envoyé le modem!  Vive l’incompétence!

Ma mère était excédée et les a menacés de les laisser tomber parce que leur service était déplorable. Elle a réussi à parler à un superviseur pour les informer qu’elle était prête à leur donner une ultime chance. Enfin, incroyable, mais vrai, elle a reçu le fameux modem hier. Je suis allé chez elle ce soir pour faire l’installation.

J’ouvre la boite et il est écrit à l’intérieur d’installer le logiciel sur le CD-Rom avant d’installer le modem. Le Hic, c’est qu’IL N’Y A PAS DE CD DANS LA BOITE!! Je n’en reviens pas. Décidément, Sympatico fait gaffe par-dessus gaffe. Ils sont pires que le grand maître d’échec Kramnik, qui lui au moins se contente de faire une seule erreur à la fois…

J’appelle tout de même Sympatico pour qu’ils me guident dans l’installation. Nous passons une demi-heure à essayer des configurations logicielles, ils me font débrancher et rebrancher les fils. Rien ne se passe, la connexion ne se fait toujours pas. Alors là le type du support technique me dit qu’il allait envoyer un CD par la poste pour pouvoir installer de nouveau le pilote du modem.

J’avais été ultra poli et coopératif jusqu’à ce moment là, mais alors là, j’ai explosé. J’ai engueulé le type comme du poisson pourri. “Savez-vous combien d’heures ma mère a perdu de temps au téléphone et combien de fois elle vous a téléphoné? Ce manège dure depuis des semaines. Vous n’avez pas été capable de lui envoyer le modem deux fois de suite. Nous recevons l’appareil et, la cerise sur le gâteau, vous avez oublié d’inclure le CD dans la boite! Votre service est tout à fait inacceptable et vous riez des gens. Pas vous personnellement, mais votre compagnie. J’ai eu beaucoup de problème avec vous et je suis maintenant bien heureux avec Videotron. C’est ce que je vais recommander à ma mère. Nous avons perdu assez de temps avec vous et nous vous avons donné plusieurs dernières chances! Je veux aussi parler à un superviseur pour lui donner ma façon de penser.”  Le type à l’autre bout a finalement réussi à parler et il m’a poliment demandé d’attendre.

La musique gazouillait sur la ligne en attente. J’ai attendu 15 minutes en ramassant tout leur attirail inutile dans la boite. Enfin, je me suis imaginé qu’ils me faisaient attendre pour rien et en fait, j’attendais pour rien. Il n’y a rien à faire avec une entreprise incompétente comme Sympatico. J’ai fermé la ligne, ils ne sont même pas dignes que je continue à les attendre.

Je ne souhaite pas de mal au type, il n’est responsable de rien et faisait bien son possible. Par contre, la personne morale qu’est la compagnie Sympatico, comme elle n’est pas capable de respecter ses clients et de remplir ses obligations à répétition, je lui souhaite un jour sa belle mort.  Voilà ce qui lui arrivera si elle continue de perdre d’autres clients.  Il y avait un reportage en fin de semaine passée sur la guerre Bell vs Videotron qui racontait que tout se jouait dans la qualité du service à la clientèle.  Pour moi, la qualité du service à la clientèle de Sympatico Bell est un GROS ZÉRO!  Tant mieux si mon billet arrive à certaines oreilles chez Sympatico, qu’ils en prennent note.

La vie est trop courte pour traiter avec des imbéciles de la sorte.  Au suivant, comme chantait Jacques Brel.

L’issue de la ronde 3 Kramnik-Fritz: partie nulle

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Vladimir Kramnik n’a pas commis de bourde aujourd’hui en Allemagne lors de sa troisième partie d’échecs qui l’oppose au puissant logiciel Deep Fritz 10. Il se remet petit à petit de son amère défaite de la dernière partie . Il a bien dirigé ses troupes et les pièces des deux armées ont été échangées équitablement de part et d’autre. Au 44ième coup, le roi blanc de Kramnik était alors épaulé par trois pions et un fou, contre deux pions et une tour pour le roi de la machine Fritz. Les forces étaient égales, les deux rois allaient devoir s’ennuyer entre eux pour l’éternité, alors les joueurs scellèrent l’issue de l’affrontement en partie nulle.

Au cours des trois dernières parties, Kramnik devra minimalement gagner une partie s’il ne veut pas perdre le match ou, encore mieux, pouvoir prétendre le gagner. Les experts disent que l’humain a un avantage sur la machine en élaborant de meilleurs coups stratégiques à long terme. Quant à elle, la machine possède l’avantage indéniable de la puissance et de la rapidité de calcul pour analyser les coups à court terme et ainsi limiter les erreurs. Nous voyons sur le chronomètre qu’elle réfléchit moins longtemps que l’humain et par conséquent joue plus vite que lui.

Enfin, cette question nous hantera d’ici mardi prochain. L’homme pourra-t-il résister face à la machine?

The Duel: man vs machine – Current standing

 Player
Rating
1
2
3
4
5
6
 Tot. 
 Vladimir Kramnik
2760
½
0
½
     
1
Deep Fritz 10
-
½
1
½
     
2

Duel titanesque sur l’échiquier

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Matthias Feist l’opérateur de Deep Fritz, Vladmir Kramnik l’opérateur d’un cerveau humain…

Un duel de titans se déroule actuellement à Bonn en Allemagne dans le prestigieux Art and Exhibition Hall de la ville. Le champion mondial d’échecs Vladimir Kramnik affronte le logiciel Deep Fritz dans un série de six parties du 25 novembre au 5 décembre. Avant que la puissance des ordinateurs ne finisse par surpasser l’esprit des joueurs humains, c’est peut-être la dernière chance que l’homme a de vaincre la machine. Si Kramnik gagne le combat il empochera un million de dollars…

La deuxième partie avait lieu aujourd’hui et s’est terminée au 35ième coup. Kramnik, qui menait les noirs, a bien joué en acceptant le Gambit de la dame, mais a fait l’erreur de replier sa reine sans voir qu’il allait se faire mettre échec et mat au prochain coup! L’ordinateur l’a alors achevé sans pitié… Le champion a fait une terrible gaffe, une bourde dont l’envergure n’a presque jamais été atteinte à ce niveau de jeu, et a perdu comme un débutant. Snif, snif. Oh dear, oh dear, oh dear. L’humain peut faire des gaffes atroces, mais pas l’ordinateur qui n’aurait pas ignoré de calculer une bêtise si évidente.

Voici le reportage de cette deuxième partie fatidique que vous pouvez visualiser sur votre écran ici.

Courage Kramnik, le match est encore loin d’être fini! Je compte sur toi pour ne pas lancer la serviette, te sortir du gouffre et battre la machine. Go Vladimir, Go! Je serai derrière toi pour les quatre dernières parties d’ici le 5 décembre.

Deep Fritz 10 – Kramnik,V (2750) [D10]
Man vs Machine Bonn, Germany (2), 27.11.2006
1.d4 d5 2.c4 dxc4 3.e4 b5 4.a4 c6 5.Nc3 b4 6.Na2 Nf6 7.e5 Nd5 8.Bxc4 e6 9.Nf3 a5 10.Bg5 Qb6 11.Nc1 Ba6 12.Qe2 h6 13.Be3 Bxc4 14.Qxc4 Nd7 15.Nb3 Be7 16.Rc1 0-0 17.0-0 Rfc8 18.Qe2 c5 19.Nfd2 Qc6 20.Qh5 Qxa4 21.Nxc5 Nxc5 22.dxc5 Nxe3 23.fxe3 Bxc5 24.Qxf7+ Kh8 25.Qf3 Rf8 26.Qe4 Qd7 27.Nb3 Bb6 28.Rfd1 Qf7 29.Rf1 Qa7 30.Rxf8+ Rxf8 31.Nd4 a4 32.Nxe6 Bxe3+ 33.Kh1 Bxc1 34.Nxf8. Now 34…Kg8 35.Ng6 Bxb2 36.Qd5+ Kh7 37.Nf8+ Kh8 38.Ng6+ is the forced draw. But Kramnik played 34…Qe3??


L’erreur de l’humain Kramnick: le repli de sa reine en e3. Au prochain coup, l’ordinateur déploie sa reine blanche en h7 et c’est fini…

35.Qh7# 1-0.

Kramnik played the move 34…Qe3 calmly, stood up, picked up his cup and was about to leave the stage to go to his rest room. At least one audio commentator also noticed nothing, while Fritz operator Mathias Feist kept glancing from the board to the screen and back, hardly able to believe that he had input the correct move. Fritz was displaying mate in one, and when Mathias executed it on the board Kramnik briefly grasped his forehead, took a seat to sign the score sheet and left for the press conference, which he dutifully attended.

Poinsettia

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Le poinsettia d’Hélène.

Rien de mieux que de donner des fleurs pour remonter le moral d’une femme qui traverse une petite maladie. Hélène a accueillie ce poinsettia avec joie. Le rouge vif de ses feuilles s’est enflammé avec le retour du Soleil. Puis, pour la maladie, tout est rentré dans l’ordre.
Un gros merci à Suzanne et à son grand coeur!

Poinsettia

L’oeil du chroniqueur Foglia

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Photo: Patrick Sanfaçon (copyright)
Il y a plus de 100 000 personnes âgées dans les CHSLD

Il y avait hier dans La Presse une chronique extrêmement percutante de Foglia. Il décrit le travail “anormal” des préposés qui s’occupent des vieux dans les CHSLD. Pour ceux qui critiquent ces employés, il remet les pendules à l’heure. Voici son texte à lire absolument à la fois très cru et très touchant.

La caméra pas cachée
Une plainte monte du couloir.
Encore M. Filion, dit une préposée. Encore constipé.
La plainte devient une sorte de beuglement,
Ça doit être coincé et ça le déchire, commente une autre préposée, j’y vais. Elle entre dans la chambre où M. Filion , prostré, impuissant, humilié sans doute aussi, pleure doucement. La préposée lui prend la main. Là, là, M. Filion, on va arranger ça. Elle baisse son pyjama, défait sa couche et, de son doigt ganté, dégage l’anus du vieux monsieur.
La caméra avec laquelle j’écris cette chronique n’est pas cachée. Ce que je vous montre, n’importe qui peut le voir.
Prenons la plus courante des tâches, celle qui est répétée le plus souvent dans tous les CHSLD de la province. Le bain partiel quotidien. Avec un gant de caoutchouc, la préposée lave la figure, les fesses, la vulve, le pénis du vieux ou de la vieille. Enlève les champignons de son nombril avec un coton-tige. Éponge le liquide brun et épais qui suinte de ses oreilles.
J’ai dit la job courante. Mais une job comme une autre ? Journaliste, plombier, institutrice, vendeuse chez Renaud Bray, ça, ce sont des jobs normales, comme les autres. Changer la couche des petits enfants dans une garderie, c’est aussi une job normale. Mais changer la couche d’un monsieur de 88 ans, ce n’est pas une job normale. Pas normal pour le vieux monsieur. Pas normal pour la vieille madame, pas normal pour la préposée.
Laver la vieille dame sous les seins, mais pas sous les aisselles parce que son bras, trop raide, ne décolle pas et qu’il faudrait être deux pour le lever. Alors forcément, demain, après-demain, la vieille dame va puer un peu. Mais elle puerait de toute façon : 80 % des bénéficiaires des CHSLD portent des couches. Lave-les tant que tu veux, ils puent toujours un peu sous le parfum dont on les asperge le matin.
Couper les ongles des orteils, qui poussent tout croche. Gare s’ils déchirent les bas. La famille en fera tout un plat. Leur avocat convoquera les médias. Et Maisonneuve va encore s’exciter. S’occupent pas de notre papa, c’t'écoeurant. La faute au syndicat.
Nettoyer les ongles des mains. Mais surtout sous les ongles. Je viens de le dire, 80 % des bénéficiaires sont en couche. Plusieurs jouent dedans. Avec la sénilité revient, comme chez les tout-petits, la fascination de la merde. Mais parfois, aussi, c’est tout simplement parce que ça les pique.
Les nourrir. Madame X, madame Y, monsieur Z ont pris place dans leur chaise à têtière, qui leur tient la tête droite. Pour les gaver, une seule préposée, assise, elle, sur une chaise à roulettes pour pouvoir aller plus aisément de l’un à l’autre. Hop, une petite cuillère de crème de blé à madame X. Hop, une autre à madame Y. Oups ! Monsieur Z ne veut pas ouvrir la bouche. Ben alors, monsieur Z, on n’a pas faim, aujourd’hui ? Miam-miam, la bonne crème… Hop, elle revient à madame X, qui a régurgité. D’abord lui essuyer les coins de la bouche avec une serviette en papier. Hop, madame Y, c’est bien, madame Y ! S’il vous plaît, monsieur Z, je vais me faire gronder par l’infirmière si vous ne mangez pas. La préposée insiste un peu avec sa cuillère. Les lèvres de M. Z se desserrent, il aspire un peu de crème de blé. S’étouffe, la recrache. La préposée en a plein ses lunettes. Finalement, c’est madame Y qui a presque tout mangé. Et quand elle a été bien pleine, elle a déféqué. Hon ! Madame Y ! Venez, on va vous changer.
Too much information ? Vous préférez quand la caméra cachée surprend le préposé en train de traîner le petit vieux sur le plancher comme une poche de patates ? Désolé, vous me confondez avec le Téléjournal ou avec une émission de radio qui sévit le midi.
Les épidémies, les rhumes, les petites contrariétés qui déclenchent des cataclysmes dans le quotidien des pas-tout-à-fait-déconnectés. Le fils chéri vient de téléphoner, il ne viendra pas samedi. Ou le contraire, il est venu et ça ne s’est pas bien passé. Les familles ! Faudrait faire aux familles le coup de la caméra cachée. Montrer les engueulades des enfants dans la chambre du vieux, les discussions d’argent. La paranoïa ambiante. Où est passé le haut de pyjama de mon père ? On ne sait pas, madame. Votre père l’aura oublié dans une chambre où il est entré en pensant que c’était la sienne. On le retrouvera.
La violence des bénéficiaires. Coups de pieds, coups de poings aux préposés, insultes. Deuwwors ! crie la vieille à la préposée Noire qui vient d’entrer pour la laver : “Je ne veux pas d’esclave dans ma chambre.”
Le cul. Les vieux qui sortent leur truc. Qui laissent traîner leurs mains. La frénésie des vieilles à l’arrivée d’un nouveau.
La mort, quand ne c’est pas eux qui meurent mais un proche, un de leurs enfants, accident, cancer. Alors ils engueulent le bon Dieu. Pourquoi c’est pas moi que t’es venu chercher ?
Il y a plus de 100 000 vieux dans les CHSLD. Plus de la moitié totalement déconnectés, vertigineusement absents, ni passé, ni présent, incapables de reconnaître leurs leurs propres enfants. Le regard vide, la couche pleine. Et ce dont on n’arrête pas de parler, c’est de quelques dérapages ? Sans montrer d’abord la chiennerie de fin de vie dans laquelle s’inscrivent ces dérapages ?
Lâchez-moi avec votre dignité.
Est-il d’autre dignité, rendu là, que la mort ? Mettons que, pour toutes sortes de raisons à la con, dont quelques-unes religieuses, vous me répondiez non, c’est pas ça, la dignité. La dignité, c’est d’essuyer avec un coin de serviette en papier la crème de blé qu’a régurgitée la vieille. La dignité, c’est de dégager avec son doigt l’anneau anal du vieux constipé.
OK, d’abord.
Reconnaissez au moins que ce n’est pas une job comme les autres. Que ce n’est pas une job normale. Reconnaissez que ceux et celles qui la font sont admirables. Pour moins de 400 piastres net par semaine, sacrament, les mains jusqu’aux coudes dans la marde de vos parents. Et vous les espionnez ? Et vous les traitez de chiens sales ? Vous n’avez pas honte ?

Comme un jardin de givre

Posted by J-P in Photographie | 5 Comments

Ce matin, avant d’entreprendre le ménage et de passer l’aspirateur dans la maison au grand complet, j’ai profité de la basse température de l’automne et du Soleil qui montrait enfin ses rayons pour faire un petit tour dans le parc. Novembre fut jusqu’ici un mois pluvieux et sans Soleil. Si bien que cette semaine un caricaturiste avait dessiné un père racontant à son garçon que le Soleil est une grosse boule de feu qu’on peut apercevoir dans le ciel de temps en temps. Oui, c’est génial, le soleil existe!

Alors, le Soleil éclairait les cristaux de givre sur les feuilles, les petits trèfles et les brins d’herbe. Les tracés des nervures et du limbe de cette feuille d’érable étaient distinctement définis par les petits cristaux blancs et étincelants, parfaitement enlignés par la froide nuit. Les zones ombragées de la feuille ne pouvaient pas se défiler indéfiniment de la lumière et la chaleur du Soleil se chargeait graduellement d’effacer les lignes blanches en les changeant en gouttelettes d’eau. Quelle superbe escapade matinale pour débuter la journée en beauté!

J’étais accroupi sur l’herbe, ma tête et mon objectif photographique rivés vers le sol. Par mon comportement bizarre, j’ai même éveillé les soupçons d’une vieille dame qui promenait son chien. Nous étions les seules âmes vivantes dans le secteur, tout le parc silencieux était pour nous. Elle s’est informé de l’étrange magie que je fabriquais, le mot est d’elle, puis a repris son chemin avec son quadrupède en laisse après avoir compris ce que je mijotais ainsi. Cette question a fait ma journée. La sorcellerie de la nature, cette transformation des lignes de vie des feuilles mortes et celle du givre, m’a passablement empêché de marcher. En fait, ma fausse promenade fut plutôt du genre immobile.

Ce n’est pas encore l’hiver, mais j’ai pensé à ces vers de Nelligan qui évoquent un jardin de givre. Moi, je suis bien chanceux de l’avoir vu, ce matin, le vrai jardin de givre. Pas un jardin dans une vitre. La douleur je la laisse à Nelligan, parce que pour moi la magie des cristaux me donne du bonheur. Aussi, toute cette époustouflante magie glaciale est loin de me tourmenter. Elle me fige de joie et j’en suis fort aise. Cependant, j’ai hâte à l’hiver pour les voir, mes cristaux de givre dans ma vitre.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Émile Nelligan


Le Soleil plombant derrière la feuille crée un effet de couleur spectaculaire.


Quelques trèfles sont ornés de cristaux de givre.